Les personnes transgenres et le mythe du « sexe biologique »

À l'origine de la plupart des mythes sur le « sexe biologique » se trouve l'hypothèse principale qu'il existe deux sexes distincts qui s'excluent mutuellement et qui sont immuables (c'est-à-dire qu'une fois né dans un sexe, vous serez toujours membre de ce sexe).

Les personnes transgenres et le mythe du « sexe biologique »
Photo by Louis Reed / Unsplash

Source: https://juliaserano.medium.com/transgender-people-and-biological-sex-myths-c2a9bcdb4f4a

Autrice: Julia Serano

Traducteurice: MaddyKitty

Publié initialement: 17 juillet 2017

Contexte: Définition de dimorphe (le terme est souvent employé dans l'article)

(Biologie) Qui peut prendre deux formes différentes.

Note : le jour de la publication de cet article, HR 2796 – un projet de loi du Congrès américain qui redéfinirait légalement « homme » et « femme » en fonction du « sexe génétique » d'un individu afin de réduire les droits des transgenres – a commencé à recueillir de la nouveauté et l'attention des médias. Bien qu'il n'ait pas été destiné à traiter spécifiquement de ce projet de loi, il sape complètement sa position logique, juridique et scientifique.


J'ai récemment écrit un article intitulé Démystifier les arguments « Les femmes trans ne sont pas des femmes » dans l'espoir que cette introduction serait utile pour contrer de telles affirmations. Mais parfois, les efforts visant à saper ou à exclure les femmes trans reposent sur une tactique quelque peu différente qui prend la forme suivante : on fera valoir que le sexe est distinct du genre — le premier étant de nature purement biologique, le second étant entièrement social. En faisant cette affirmation, il sera alors soutenu que, bien que les femmes trans puissent en effet être des femmes (car « femme » est une catégorie de genre), nous restons néanmoins « biologiquement mâle » (une catégorie de sexe). Ce raisonnement s'accompagne souvent d'affirmations selon lesquelles les femmes sont opprimées en raison de leur sexe (et non de leur genre), et donc le féminisme devrait être exclusivement réservé aux « femmes biologiques » (en supprimant ainsi les femmes trans).

Bien qu'il ne s'agisse pas d'un argument nouveau, il a suscité une attention accrue après que Laci Green (une youtubeuse populaire) l'a récemment abordé dans une série de vidéos et de commentaires. Étant donné que les médias sociaux réagissent activement aux commentaires de Green et aux affirmations similaires faites par d'autres, j'ai pensé que ce serait le moment opportun pour démystifier cet argument « les femmes trans sont des hommes biologiques », ainsi que les idées fausses sur le « sexe biologique » en général.

Avant de commencer, je devrais mentionner que j'écris cet article non seulement en tant que femme trans et féministe, mais aussi en tant que biologiste. J'ai déjà mentionné dans mes livre Whipping Girl et Excluded nombre des aspects que je vais aborder ici.

Le sexe est divers, variable et assez malléable

À l'origine de la plupart des mythes sur le « sexe biologique » se trouve l'hypothèse principale qu'il existe deux sexes distincts qui s'excluent mutuellement et qui sont immuables (c'est-à-dire qu'une fois né dans un sexe, vous serez toujours membre de ce sexe). Bien qu'il existe un certain nombre de traits sexuellement dimorphes — tels que les chromosomes, les gonades, les organes génitaux externes, d'autres organes reproducteurs, le taux d'hormones sexuelles et les caractéristiques sexuelles secondaires — ces traits ne s'alignent souvent pas (c'est-à-dire tous les hommes ou toutes les femmes) chez une même personne, comme c'est le cas pour les personnes intersexes et de nombreuses personnes transgenres.

Les anatomies de certaines personnes vont également, pour chacun de ces différents traits sexuellement dimorphes, tomber “entre les deux” ou “à l'extérieur” de ce que la plupart des gens considèrent comme des standards masculins ou féminins.

En d'autres termes, le terme « sexe » n'est ni simple ni évident : il fait référence à un ensemble de traits sexuellement dimorphes qui sont variables à la fois selon les traits et pour chaque trait. Et ce n'est pas simplement une « perspective trans » sur la question ; voici un article de Nature (l'une des revues scientifiques les plus respectées) affirmant que « l'idée de deux sexes est simpliste. Les biologistes pensent maintenant qu'il existe un spectre plus large que cela. »

En plus de cette diversité naturelle, le sexe n'est pas entièrement immuable. Bien sûr, nous ne pourrons peut-être pas changer notre sexe génétique (qui pour la plupart d'entre nous reste « à déterminer », car relativement peu de personnes font examiner leurs chromosomes et certaines reçoivent des résultats inattendus). Mais les organes reproducteurs peuvent être retirés ou modifiés par chirurgie. Des hormones sexuelles peuvent être administrées (comme elles le sont souvent pour les personnes transgenres et cisgenres), et elles peuvent modifier nos caractéristiques sexuelles secondaires, c'est-à-dire les traits sexuellement dimorphes qui surviennent pendant la puberté, tels que le développement des seins chez les femmes et la croissance de la pilosité faciale chez les hommes.

Les gens ont tendance à nourrir des croyances essentialistes sur le sexe, c'est-à-dire qu'ils supposent que chaque catégorie de sexe a une « essence » sous-jacente qui fait d'eux ce qu'ils sont. C'est ce qui les amène à supposer que les femmes trans restent « biologiquement masculines » malgré le fait que bon nombre de nos caractéristiques sexuelles sont désormais féminines. Cependant, il n'y a pas d'« essence » sous-jacente au sexe ; c'est simplement une collection de traits sexuellement dimorphes. Certaines personnes supposeront que les chromosomes sexuels doivent représenter cette « essence », même si nous ne pouvons pas les voir facilement. De plus il existe des variantes non-XX ou XY. D'autres supposent que les organes génitaux sont cette « essence » (probablement parce qu'ils sont utilisés pour déterminer notre sexe légal à la naissance), bien qu'ils puissent également varier et éventuellement changer (par exemple, si l'on subit une chirurgie de changement de sexe). Dans notre vie quotidienne, nous nous appuyons principalement sur les caractéristiques sexuelles secondaires pour déterminer (ou plus précisément, présumer) de quel sexe est une personne – et bien sûr, ces caractéristiques peuvent changer via une simple prescription hormonale. Comme je l'ai dit, il n'y a pas d'« essence » mystique sous-jacente au sexe.

Le sexe est un ensemble de traits qui, bien que généralement dimorphes, peuvent varier considérablement dans la population, et certains peuvent changer au fil du temps. Bien que les termes « homme » et « femme » aient une certaine utilité, nous ne devrions pas les considérer comme strictement dichotomiques ou mutuellement exclusifs. Au contraire, « femelle » et « mâle » sont mieux considérés comme des termes génériques qui décrivent des groupes de personnes (ou d'animaux) qui partagent généralement bon nombre des mêmes traits, bien qu'avec une variabilité considérable et quelques exceptions.

L'idée fausse du dualisme “esprit/corps”

La distinction genre/sexe est enracinée dans le dualisme esprit/corps, qui était autrefois communément accepté, mais a depuis été rejeté par la biologie contemporains, les sciences cognitifs, la philosophie et la psychologie (ainsi que par de nombreuses féministes !).

Pour que l'esprit (qui, dans le cas des femmes trans, inclurait nos identités de genre et nos expériences vécues dans le monde en tant que femmes) soit entièrement séparé de notre corps, les deux choses suivantes doivent être vraies : 1) notre cerveau doit être complètement « non sexué » et 2) notre genre social ne devrait pas du tout avoir d'impact ou d'influence sur notre biologie.

Le point 1) (nos cerveaux sont complètement « non sexués ») est faux. Pour commencer, chaque cellule nerveuse de notre cerveau possède des récepteurs d'hormones sexuelles, qui activent ou désactivent les gènes en réponse aux hormones sexuelles telles que la testostérone ou les œstrogènes. Personne ne peut dire précisément quels effets ces hormones provoquent dans notre cerveau — il y a évidemment beaucoup de diversité de genre parmi les êtres humains, il s'agit donc probablement d'un spectre de résultats plutôt que d'une réponse binaire. Mais la seule chose que nous pouvons dire, c'est que l'idée que notre cerveau reste complètement insensible au « sexe » est fausse.

De manière plus controversée, certaines preuves suggèrent que nos identités de genre sont influencées par la biologie. Pour ceux que ça intéresse, voici quelques références de mon livre Whipping Girl qui en parlent :

pp. 369–370 de Julia Serano, “Whipping Girl: A Transsexual Woman on Sexism and the Scapegoating of Femininity

Ces preuves incluent les découvertes selon lesquelles quelques régions microscopiques du cerveau présentent un dimorphisme sexuel et que, dans ces régions, le cerveau des femmes trans semble plus typiquement féminin que masculin. Le fait qu'une majorité d'enfants génétiquement masculins ont été (à leur insu) élevés dès la naissance en tant que filles parce qu'ils n'avaient pas de pénis (en raison d'une circoncision bâclée ou de la condition non intersexe d'exstrophie cloacale) et s'identifient en tant que garçons et hommes, malgré leur socialisation de genre, prouve le contraire. Ces exemples démontrent que le sexe biologique peut influencer le genre (infirmant ainsi le point 1).

[aparté nécessaire : je peux imaginer que le camp « les femmes trans sont des hommes biologiques » répondra : « Mais s'il existe une chose telle que le « sexe cérébral » intrinsèque, alors Julia, votre cerveau doit être masculin ! A quoi je réponds : je ne prétends en aucun cas que ce supposé « sexe cérébral » détermine entièrement notre genre, juste qu'il semble avoir une influence sur lui. De plus, s'il existe une sorte de « sexe cérébral », alors nous devrions nous attendre à ce qu'il varie considérablement au sein de chaque sexe et entre les sexes, tout comme tous les autres traits sexuellement dimorphes que j'ai mentionnés plus tôt (par exemple, les chromosomes, les organes reproducteurs, hormones sexuelles, caractères sexuels secondaires, etc.). Si cela est vrai, alors les personnes trans peuvent être des exemples de cette variation.]

Le point 2) (notre genre social ne devrait pas du tout avoir d'impact ou d'influence sur notre biologie) est également faux. Notre cerveau change physiquement en réponse à nos expériences. Voici une liste de références de mon livre Excluded le détaillant :

p. 314 de Julia Serano, “Excluded: Making Feminist and Queer Movements More Inclusive

Par conséquent, mes dix-sept années d'expériences à m'identifier en tant que femme, à être perçue et traitée comme une femme, et à vivre le sexisme en tant que femme, ont sans aucun doute façonné mon cerveau dans une certaine mesure. Ainsi, l'idée que mon genre n'influence pas ma biologie (c'est-à-dire le point 2) est incorrecte, réfutant ainsi l'hypothèse selon laquelle l'esprit et le corps (et par corrélation, le genre et le sexe) sont des entités entièrement séparables.

[second aparté : je peux imaginer que le camp « les femmes trans sont des hommes biologiques » répondra : « Si nos expériences modifient physiquement notre cerveau, alors Julia, votre socialisation en tant que garçon doit vous disqualifier d'être une femme ! » À quoi je répondrais : 1) en revenant au genre à ce moment-là, vous avez contredit votre propre argument, et 2) je vous suggère de lire mon essai précédent, en particulier les sections sur la socialisation et les arguments « de comptoir ».]

L'idée fausse de l'opposition “nature opposé à culture”

Les distinctions corps/esprit et sexe/genre sont toutes deux liées aux débats « nature opposé à culture », dans lesquels les gens indiqueront un trait humain (par exemple l'intelligence, la personnalité ou, dans ce cas, le genre) et affirmeront que le résultat est entièrement dû à la biologie/génétique ou entièrement dû à l'environnement/à la socialisation.

Alors que certains biologistes dans le passé ont avancé des arguments strictement en faveur de la « nature », les biologistes contemporains reconnaissent que la plupart (sinon tous) des traits humains résultent d'interactions complexes entre de nombreux facteurs biologiques (biologie partagée et différences biologiques individuelles) et l'environnement (culture partagée et expériences individuelles) pour créer un large éventail de résultats. Dans Excluded (en particulier le chapitre 13, « Homogénéisation opposée à vues holistique du genre et de la sexualité »), je fais la même chose en ce qui concerne le sexe et le genre.

Clarifier l'argument “le sexe est une construction sociale”

Parfois, les gens qui s'essaient à déconstruire le mythe du « sexe biologique » soulignent que le sexe (comme le genre) est une construction sociale. Cela permet de montrer que la distinction « biologique opposée à sociale » est beaucoup plus confuse (comme je l'ai détaillé dans les deux dernières sections) que le camp « les femmes trans sont des hommes biologiques » est prêt à l'admettre.

Malheureusement, les personnes qui ne connaissent pas le constructivisme social ou qui sont mal informées, confondront souvent le mot « construit » avec le sens « faux » ou « pas réel », et supposeront donc que de telles affirmations représentent un déni de l’existence de traits sexuellement dimorphes. Cependant, ce n'est pas ce que signifie le mot « construit ».

Dire que le sexe est « socialement construit » ne signifie pas que les différences biologiques entre les sexes n'existent pas ou n'ont pas d'importance. Cela indique simplement que notre définition du sexe et la façon dont nous catégorisons les individus en deux sexes sont déterminées par la société et nos hypothèses sur la façon dont le monde fonctionne.

Dans notre société, les gens se voient attribuer un sexe légal à la naissance en fonction de la présence ou de l'absence d'un pénis — c'est un processus social. Lorsque les gens soutiennent que ce doit être les chromosomes, ou un organe reproducteur particulier, qui définit ou détermine le sexe d'une personne, c'est une décision sociale — une décision qui ignore la multiplicité et la variabilité des traits sexuellement dimorphes. En effet, le fait même que, étant donné les mêmes preuves, les gens seront en désaccord sur la nature du sexe (strictement binaire opposé à divers et variable ; immuable opposé à assez malléable) démontre que le sexe est socialement construit !

Donc, en d'autres termes, nous pouvons dire qu'il existe des différences biologiques entre les sexes, et aussi que notre compréhension du sexe est socialement construite — ces déclarations n'ont rien de contradictoire.

Les femmes sont opprimées de par leur sexe et leur genre

Bien que je ne sois pas d'accord avec les affirmations selon lesquelles « les femmes trans sont des hommes biologiques », au moins je peux comprendre d'où elles viennent : de nombreuses personnes entretiennent des croyances binaires et essentialistes sur le sexe, il n'est donc pas surprenant qu'elles puissent arriver à cette fausse conclusion. Cependant, l'idée que « les femmes sont opprimées à cause de leur sexe, pas de leur genre » est carrément absurde.

Si la distinction sexe/genre peut être utile dans des discussions plus nuancées ou théoriques sur le sujet, dans notre vie quotidienne, la plupart des gens ne font pas cette distinction. C'est-à-dire que la plupart des gens utilisent les termes « sexe » et « genre » de manière synonyme. Chaque fois qu'un homme élève la voix ou me méprise, il ne pense pas : « Eh bien, cette personne me semble être biologiquement une femme, au lieu de simplement s'identifier comme une femme, donc je serai misogyne envers elle. » Au contraire, il voit simplement une femme/femelle (la même chose à ses yeux) et me traite en conséquence.

S'il est vrai que certaines formes de sexisme ciblent spécifiquement la biologie féminine (par exemple, les insultes sur les seins et le vagin, les tentatives de réguler les systèmes reproducteurs des femmes), de nombreuses autres expressions du sexisme ciblent des traits qui relèvent du domaine du genre (par exemple, les accusations selon lesquelles les femmes ne sont pas mentalement ou constitutionnellement aptes à des postes de direction, commentaires dénigrant l'expression de genre féminine, etc.).

De plus, les femmes trans subissent de nombreuses formes de sexisme qui ciblent la biologie féminine — dans mon cas, j'ai subi des insultes ciblant certaines parties de mon corps, du harcèlement sexuel, des tentatives de viol, des hommes lorgnant et objectivant mon corps, etc.

De toute évidence, « les femmes sont opprimées à cause de leur sexe, pas de leur genre » n'est pas une proposition sérieuse, ni une préoccupation féministe légitime — c'est simplement une tentative immonde d'exclure les femmes trans. Le féminisme est un mouvement qui veut mettre fin au sexisme. Les femmes trans sont confrontées au sexisme. De fait, les femmes trans ont un intérêt dans le féminisme.

Le mythe selon lequel les personnes trans tentent de nier ou effacer les différences du “sexe biologique”

L'affirmation la plus exaspérante régulièrement faite par le camp des « femmes trans sont biologiquement des hommes » est que les personnes trans « nient » ou « effacent » les différences biologiques entre les sexes, et que cela nuit aux femmes cisgenres/« femmes biologiques ». C'est manifestement faux. Je peux vous assurer que les personnes trans ont parfaitement conscience des différences biologiques entre les sexes — le fait que beaucoup d'entre nous effectuent une transition physique démontre que nous reconnaissons que des traits sexuellement dimorphes existent et peuvent être importants pour de nombreuses personnes !

Je reformulerais les choses de cette façon : les personnes transgenres ont souvent une relation plus compliquée avec les traits liés au sexe (car ils peuvent être discordants avec nos genres identifiés et vécus), et donc le langage que nous utilisons pour décrire ou discuter de ces traits peut sembler obscur, ou absurde, ou inutile pour la personne cisgenre moyenne. Et parce qu'elles ne connaissent pas ce langage (et/ou sont carrément hostiles à notre égard), certaines personnes cisgenres interpréteront par la suite à tort ce langage et cette perspective différente comme une sorte de « déni ».

En écrivant à ce sujet, je n'ai pas pu m'empêcher de penser à un formulaire d'admission de patients que j'ai dû remplir une fois lors d'une visite chez un nouveau médecin. Le formulaire séparait les questions masculines (par exemple, quand a eu lieu votre dernier examen de la prostate) des questions féminines (par exemple, quand a eu lieu votre dernier examen des seins). Plusieurs éléments de chaque catégorie de sexe s'appliquaient à moi, j'ai donc rempli les réponses dans les deux champs. Honnêtement, c'était vraiment nul – non pas parce que je niais mon corps ou mes traits sexuels, mais parce que la forme suggérait que j'étais une impossibilité.

Ce que j'essaie de faire comprendre ici, c'est que les personnes trans ne « nient » ou « n'effacent » en aucune façon les différences biologiques sexuelles. Nous nous opposons simplement à ceux qui invoquent des différences biologiques sexuelles réelles ou imaginaires dans leurs tentatives de nous exclure.

Le sexe et le genre sont des phénomènes complexes et le langage est imparfait. Personnellement, je n'ai aucun problème avec les gens qui parlent largement de « l'anatomie féminine » ou des « droits reproductifs des femmes », tant qu'ils n'essaient pas délibérément d'effacer les personnes transgenres et intersexes dans le processus. Et (contrairement aux mensonges colportés par Laci Green, Elinor Burkett et d'autres féministes cisgenres), moi (et théoriquement toutes les autres personnes trans) je n'ai absolument aucune gêne à ce que les femmes parlent de leur vagin ou d'autres parties de leur corps, à condition qu'elles n'affirment pas que ces attributs sexuels s'appliquent à toutes les femmes, ou nient le fait que certains hommes peuvent également les posséder.

Mais d'après mon expérience, lorsque les gens font tout leur possible pour utiliser l'expression maladroite « homme/femme biologique », ils essaient presque toujours de soutenir que 1) la biologie l'emporte sur les identités de genre et les expériences vécues des personnes trans, et 2) rejettent la réalité du genre et de la diversité sexuelle, et le fait qu'il existe des exceptions à chaque catégorie de sexe et de genre. Si telle est votre intention, sachez que je ne « nie » ni « n'efface » les différences entre les sexes. Je signale simplement que vous n'êtes pas informé sur ces questions et/ou un fanatique pur et simple.