Glossaire sur la transidentité

Glossaire sur la transidentité. S'approprier les termes, les diffuser.

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En cours de construction

A

Anti-trans (discours/pratique)

C

Cissexisme : Discours qui vise à refuser à une personne trans l'identité de genre qu'elle utilise, et donc délégitime son vécu. Un discours cissexiste réaffirme la validité et la naturalité des identités cisgenres face aux identités transgenres.

D

Détransition : désigne le fait de vouloir retourner à son genre assigné après avoir fait un ou des actes de transition. Environ 1% des personnes ayant entamé un parcours de transition détransitionnent à un moment de leur vie, mais il est aussi important de noter que 62% des personnes ayant détransitionné retransitionnent vers un autre genre que celui qui leur a été assigné à la naissance par la suite. Cela tient au fait que, contrairement à une idée reçue, la majorité des détransitions ne sont pas motivées par une volonté de "réparer une erreur", mais plutôt parce que les difficultés (financières, sociales, familiales) à un instant T sont bien supérieures à l'envie de poursuivre sa transition. La compréhension de ces parcours est souvent très biaisés par des présupposées cissexistes qui perçoivent les corps cisgenres comme un état plus naturel, et les détransitions comme des "retours à la normal". Ces considérations sont souvent hors propos par rapport à la diversité des vécus et des ressentis, c'est pourquoi le terme retransition est parfois préféré.

Dysphorie de genre : C'est un terme psychiatrique. La dysphorie de genre est le discours qui conceptualise la difficulté ou la détresse vécue par une personne trans lorsqu'elle est incapable de vivre en tant que membre de l'identité de genre auquel elle s'identifie. La dysphorie de genre est difficile voire impossible à diagnostiquer, puisque les difficultés rencontrées peuvent être nombreuses.

G

Gender Critical : Les gender critical s'affirment en opposition avec “les rôles de genre rigides fixés par la société”. Ce mouvement n'est pas idéologiquement unifié, mais il s'inscrit dans le mouvement féministe à la suite des TERFs, et vise nommément les “militants trans” et “l'idéologie du genre”. On pourrait traduire gender critical par mouvement “anti-genre”. C'est une des composantes du mouvement anti-trans mondial.
Pour en savoir plus : https://blog.potate.space/taxonomie-discours-anti-trans/

Genderfluid : "Fluide dans le genre" en français. Désigne un ressenti de genre fluide dans le temps. Ce terme peut être un outil pour comprendre et apprivoiser des variations soudaine d'envies, de ressentis et de besoin en terme de transition et d'expression de genre. Cette fluidité est un ressenti qui peut faire peur. Elle est courante lors de périodes d'exploration de genre, mais peut intervenir à tout âge et tout stade d'une transition.

Genderqueer : littéralement "genre queer". En anglais, queer est une insulte que l'on pourrait traduire par "bizarre", "tordu-e", mais dont l'équivalent français serait plutôt transpédégouine. Genderqueer désigne donc une identité de genre qui est fondamentalement en dehors de la normativité homme/femme propre à l'hétérosexualité. Il recouvre aujourd'hui un sens proche de non-binaire, mais est plus ancien et associé à une culture politique plus revendicative.

GICE : L'acronyme Gender Identity Conversion Efforts renvoie aux thérapies de conversion à destination des personnes trans, présentées de façon mensongère comme “réparatrices”.

M

Mégenrer : se dit du fait d'attribuer le mauvais genre à une personnes trans et/ou non-binaire (par un pronom ou un accord grammatical). Cela peut être dû à un manque d'habitude ou à une volonté de rejeter la transidentité d'une personne.

N

Non-binarité : désigne l'ensemble des ressentis de genre ne pouvant uniquement se réduire au genre masculin ou féminin, dans leur acception binaire et opposée. Puisque la non-binarité se définit en opposition à une norme binaire des genres, elle recouvre toutes les “façons” de se définir en marge de cet ordre (agenre, genderfluide, neutre, xénogenre, demi-boy/demi-girl, etc.)

Non-conformité de genre : La non-conformité dans le genre désigne les personnes trans, non-binaires, mais aussi toutes celles dont l'attitude ou les comportement remettent en cause les concepts de masculinité et de féminité traditionnelle (les butch, les tomboy, les garçons efféminées).

P

Peak Trans : sentiment d'excès par rapport aux questions trans. C'est un élément de la rhétorique gender critical. Certaines militant·es de ce mouvement estiment même qu'il est nécessaire de “provoquer le peak trans”. Ce moment de bascule pousserait une personne, à la base transfriendly, à adopter des comportements de rejet sur les questions trans.

R

ROGD : Acronyme pour Rapid Onset Gender Dysphoria (difficile à traduire, mais ça donnerait dysphorie de genre à déclenchement rapide, ce qui semble peu compréhensible). Selon cette proposition polémique, il y aurait deux types de dysphorie de genre. Le ROGD apparaitrait de manière tardive (adolescence) et serait plutôt le fruit d'une conversion sectaire. Pour en savoir plus : https://blog.potate.space/tout-ce-que-vous-devez-savoir-sur-le-rapid-onset-gender-dysphoria/

T

TERF : Acronyme pour Trans Excluding/Exclusionary Radical Feminist (en français féministe radicale qui vise l'exclusion des personnes trans). Il désigne les discours de féministes radicales qui refusent les sujets trans. Leurs positions vont du refus des femmes trans dans le féminisme jusqu'aux discours militants à visée discriminatoire.

Thérapie de conversion

Transidentité

Transition : La transition désigne un ensemble d'actes qu'une personne met en place pour vivre dans un autre genre que celui qu'on lui a assigné à la naissance. On sépare généralement l'acte de transition en deux sous-ensembles:

  • la transition sociale, qui regroupe les changements mis en place au niveau interpersonnel (coming out, changement de prénom, pronom, changement vestimentaire, capillaire et travail sur la voix) ou administratif (changement de prénom en mairie, changement de sexe à l'état civil)
  • la transition médicale, qui concerne les différentes opérations chirurgicales qui féminisent ou masculinisent, ainsi que la prise d'hormones.  

Certaines personnes utilisent par abus de langage l'expression "personne trans qui ne transitionnent pas" pour désigner les personnes qui n'ont pas eu recours à une transition hormonale/chirurgicale (mais qui ont, au moins sur les réseaux sociaux, entamé une transition sociale, d'où le qualificatif "trans").

Transitude : se dit du fait d'être trans (à une connotation militante).

Transphobie : l'ensemble des attitudes, violences et discriminations visant les personnes trans ou identifiées comme telles. La transphobie peut s'exprimer dans beaucoup de situations et avec différentes intensités, d'un imaginaire associant la transidentité à quelque chose d'artificiel, marginal et étranger, entrainant du mégenrage involontaire ou volontaire, la volonté d'empêcher ou de dissuader un-e proche d'avoir recours à des actes de transition, discriminer au logement ou à l'embauche et enfin le harcèlement et la violence physique jusqu'au meurtre.

Transmisogynie : terme proposé par Julia Serano dans Whipping Girl, il permet de rendre compte de comment les femmes trans sont victime d'une forme particulière de transphobie démultipliée par le sexisme. Cela comprend un imaginaire particulier sexualisant les femmes trans autant qu'elles sont perçues comme particulièrement monstrueuses.

Trans Widow : en français, veuve trans, ou veuve d'une personne trans. Ce sont des partenaires hétérosexuelles, anciennement en couple avec une femme trans, qui préfèrent voir celle-ci comme morte, suite à un coming out transgenre. Cet élément rhétorique gender critical permet d'invisibiliser la singularité des vécus trans, pour y injecter des présupposés anti-trans, notamment le fait que les femmes trans seraient AGP, ou autogynéphiles.

TUMF : Acronyme pour Trans Unaware Mainstream Feminist (en français féministe grand public ignorante des questions/perspectives trans). Ce terme a été proposé par Julia Serano pour distinguer entre les discours issus du féminisme radical (perspective unilatérale et ouvertement transphobe) et les discours issus d'une transphobie passive, peu renseignée sur la question trans.