Le GAT (Groupe Activiste Trans)

Organisation 9 juil. 2026

Présentation du manifeste du GAT, un ancien groupe libertaire trans.


Le Groupe Activiste Trans', volontairement constitué en dehors de toute forme associative, politique ou syndicale, responsable, aux yeux de ses membres, d’une corruption liée aux notions consubstantielles de domination et de pouvoir, est aujourd’hui un composant essentiel du paysage trans’ (Transgenres et TranssexuelLEs) en France.

C’est un groupe informel, libertaire, alternatif et indépendant de trans’ en colère face aux politiques associatives consensuelles et aux institutions médico-juridiques despotiques : le temps de la négociation n’est plus.

Par son rôle de brassage d’idées, par l’impulsion novatrice dans des formes d’actions publiques délaissées par les populations trans’ (distribution de tract, prise de parole publique, émission de radio), le GAT a choisi de prendre la parole: le temps n’est plus de laisser les “non-trans” parler au nom des trans’, le temps est venu pour les trans’ de se prendre en charge, de se définir et de s’exprimer.

Le GAT refuse le discours moralisateur, paternaliste, hétéro-normatif de ceux même qui nous pathologisent, nous manipulent, nous harcèlent moralement, nous infantilisent en nous soumettant à LEUR autorité:

NON à une psychiatrisation des trans au profit d’une médicalisation respectueuse de notre propre personne dans une intégrité et physique et psychique la plus totale.

Nous dénonçons cette torture psychique, cette maltraitance théorique fondée sur un rapport de pouvoir anti-déontologique qui se veut au nom du Sacro-Saint Père qui nous pousse enfin à une forme de TRANS-terrorisme.

NON à un protocole arbitraire fondé sur des règles non-écrites qui contraint les trans’ à entrer dans un système psycho-carcéral pervers, le forçant à entrer dans une hétéro-norme ultra-rigide pour avoir enfin accès au droit d’exister socialement (le changement d’état civil n’est possible qu’après castration physique!).

Parce que nous, trans’, ne voulons plus être spectateurs/victimes de notre propre parcours, nous revendiquons le droit à la parole, à la responsabilité, à l’action sur notre propre terrain: Le droit à une TRANS-visibilité.

C’est pourquoi le GAT demande instamment :

  1. La déclassification du transsexualisme de la nosographie psychiatrique au même titre que l’homosexualité a été retirée par décision politique de l’A.P.A (Association des Psychiatres Américains); la transsexualité, compte tenu de la méconnaissance du corps médical après des dizaines d’années de “recherches”, doit être sortie du diagnostic psychiatrique préalable. La dépsychiatrisation impliquant une aide à l’AUTO-DIAGNOSTIC.
  2. L’abrogation ou la révision du protocole pour que les équipes médicales se réfèrent à un protocole adapté à chaque individu et non plus sur l’entité transsexuelle.
  3. Le libre choix du médecin par un principe affirmé de l’aide à l’AUTO-DIAGNOSTIC. et non plus la toute puissance médicale d’une équipe officielle auto-proclamée spécialiste qui se ferait gardienne de notre identité/corps.
  4. Une meilleure adaptation des dispositifs juridiques et administratifs dans la période transitoire ne nous condamnant ainsi plus à la clandestinité.
  5. Une prise en charge par la sécurité sociale du parcours hormono-chirurgical qui soit uniforme sur tout le territoire et assurerait une égalité entre trans’ de tous niveaux socio-économiques.

Parce que, TRANS’, la France vous préfère mortEs : RESISTEZ à l’hétéro-norme sociale. Face à un système répressif le GAT se donne le droit à l’action.

Qu’est-ce que le GAT (Groupe Activiste Trans’).

Reproduction du communiqué de la fin du GAT

Une communauté trans ?

A l'origine du GAT il y avait 4 trans'. 4 trans' en colère.
4 trans' libertaires. On a rêvé de révolution.
De notre liberté. De notre dépsychiatrisation.
Vous pensiez que nous étions des milliers.
Vous vous êtes trompéEs.
Vous vous êtes réclaméEs du GAT.
Vous vous êtes mentiEs à vous-même.

Personne n'entre au GAT comme personne n'en sort.

C'est une règle. C'est notre règle.
On est né en 2001 clandestinement. On a choisi de mourir en 2006.
Structure intentionnellement éphémère.

Sur notre départ de l'espace public, on ne vous dira rien.
On vous laissera médire, prédire, interpréter ou constater.
On a refusé la prise de parole des psys qui ont eu l'affront de parler et d'écrire à notre place.

Vous avez contesté la violence symbolique de nos actions.
On a gueulé contre les pouvoirs publics.
Encore et toujours plus fort.

Vous avez décrié notre "radicalisme". On a réclamé politiquement notre dépsychiatrisation.

Vous avez nié l'urgence de la situation, la nécessité d'une révolution.
On a dénoncé publiquement nos ennemiEs.

Vous avez choisi le silence, le mépris, la victimisation, la culpabilité et la honte.

On nous a pris pour des guignols.
Vous étiez les marionnettes d'un système que vous avez choisi de cautionner, en vous taisant.

On a lutté sur le terrain, confronté à la réalité de ceux qui nous opprimaient.

Vous vous êtes réfugiés dans la théorie.
On était des guerries. Incorruptibles.

Vous continuez de négocier avec l'ennemi.

On a lutté contre les systèmes.
Vous avez préféré lutter contre nous.

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Mots clés

Maddi

Anarchiste et femqueer